Hello!

J’espère que c’est la pêche!
Pour ma part, c’est la grande forme surtout qu’on va parler de sujets que j’affectionne particulièrement : l’élégance avec l’art sartorial et le style « boyish » ou masculin-féminin. Je vous préviens, j’ai écrit un pavé 🙂

L’élégance

Tout d’abord : c’est quoi « l’élégance? ». Je ne tenterai pas de le cantonner à une unique définition. Un simple sourire peut suffire à lui seul pour faire qu’une personne soit élégante. D’aucuns diraient qu’il s’agit de la simplicité, la douceur, la générosité, la bienveillance naturelle, l’allure … A cette question, je propose mon droit de réplique en avançant que l’élégance est surtout une question d’attitude et de valeurs, une manière d’être. Avoir de beaux apparats ne rime à rien si notre conduite est exécrable envers autrui.  » L’élégance, c’est quand l’intérieur est aussi beau que l’extérieur » comme l’a si joliment dit Coco Chanel. C’est le plus important!

En somme, on est élégant quand on fait les bons choix aussi bien dans la vie que dans notre garde-robe.

L’élégance masculine

Je voue une passion pour le style masculin-féminin depuis peu. L’élégance masculine est un domaine qui m’intéresse de près car le vestiaire masculin est un vaste champ d’exploration stylistiquement parlant pour nous les femmes. Selon mon opinion, il ne s’agit pas de se déguiser en homme mais surtout de s’approprier de certaines pièces masculines et de les adapter à son style féminin. On peut s’habiller « à la garçonne » et dégager une grande féminité. Je dirais que tout est dans l’attitude.

De surcroît, les femmes s’approprient certaines pièces phares du vestiaire masculin depuis quelques années déjà. (En 1966, Yves Saint Laurent bouscule l’ordre social et ose introduire en haute couture « le complet smoking » pour femme, cette veste pourtant réservée aux hommes et portée par les hommes dans les fumoirs.) Elles apportent élégance et raffinement à notre silhouette comme peu de pièces dans notre garde-robe féminine.

S’habiller élégamment avec ce style implique « tailleurs », « bottiers », ces artisans qui fabriquent avec ardeur et passion ces tenues. Remontons dans l’histoire, ce sont des métiers qui coûtaient cher avant étant donné les heures de travail qui y étaient consacrées. Et la mondialisation est passée par là. Beaucoup de tailleurs ont fermé leurs portes. Sous l’emprise du marketing moderne, on achète désormais des chaussures en faux cuir ou en plastique, on s’habille de manière uniforme selon une taille standard, on ne se pose plus trop de question… cette situation frôle la catastrophe! 🙂

Fort heureusement l’élégance masculine gagne du terrain. Les hommes recommencent à faire attention à leur tenue vestimentaire, s’octroient des « coquetteries » au quotidien notamment faire attention aux détails de leurs chaussettes qui vont s’accorder impeccablement aux souliers, rajoutent une touche de fantaisie discrète et subtile à leur tenue grâce aux boutons de manchettes, font l’effort de porter des pochettes de costume, prennent attention à la coupe de leur chemise, se renseignent sur la fabrication de leurs souliers…

Personnellement, j’aime les choses authentiques, avec une véritable histoire à découvrir, connaitre l’origine de fabrication du tissu de ma veste,…Chose qu’on ne trouvera jamais avec les productions de masse. Avoir un vêtement unique, fabriqué pour soi, à ses mesures donne indubitablement un cachet aux vêtements.

Je vous emmène dans l’univers de l’élégance masculine. C’est un univers complexe qui possède ses propres règles et termes qu’il convient de connaitre un minimum. Aussi je fais appel à un spécialiste en la personne de Quentin Planchenault, qui me fait l’honneur de sa présence et ses conseils dans cet article.

Qui est Quentin?

Quentin est un grand passionné d’art tailleur et art bottier. Il a accumulé les expériences auprès d’un réputé chausseur français, côtoie les maisons de couture parisiennes spécialisées dans le « tailoring » qui lui vaut l’œil aiguisé pour reconnaître un costume de qualité. C’est aussi un grand passionné de souliers en maîtrisant à la perfection l’art de sublimer le cuir : du sac jusqu’aux souliers. (Jetez un œil à son superbe sac et ses souliers!) A ce titre, il organise des ateliers tous les mois concernant l’entretien du cuir et aux techniques de glaçage/patine de souliers que vous pouvez retrouver ici. Courez-y pour ceux qui sont intéressés car les places sont limitées si ce n’est déjà complet! Ici les dates de ses ateliers!

Un peu de vocabulaire

A ce propos, il convient de connaitre certains lexiques liés à ce concept de l’élégance masculine notamment « l’art sartorial », quésaco?
Ce mot vient du mot latin « sartor » qui veut dire « tailleur » et de « Sartoria » qui fait référence à une entreprise de vêtement masculin fabriquant selon les règles sartoriales traditionnelles. (source : art. : Mise au point sémantique, blog Parisiangentleman.fr)
Donc cela concerne tout ce qui a attrait à l’art tailleur et tous les vêtements réalisés par un tailleur.

« Bespoke » un autre terme qu’il est utile de connaitre. C’est la « grande mesure » dont certains tailleurs sont spécialisés. Ce dernier se définit comme un habit spécialement « conçu pour soi » par ces derniers, pour sa morphologie qui ne fait l’objet d’aucun patron pré-existant. C’est intégralement fait à la main et à ce titre nécessite divers essayages et plusieurs heures de fabrication (en moyenne entre 70 et 72h de travail). C’est le summum de la qualité de fabrication avec les plus belles matières et une coupe irréprochable selon les envies du client. En illustration, ici la veste Bespoke que porte Quentin, taillée à ses propres mesures et dont le patronage a été dessiné spécialement pour lui. La classe non?

Cela dit, le « Bespoke » chez un bon tailleur a un prix car 60h de travail ne peut pas coûter quelques centaines d’euros (on est à minimum 3000euros chez un tailleur digne de ce nom). Il faut donc se méfier de ceux qui parlent de « sur mesure » à des prix défiant toute concurrence. Cela dit d’autres alternatives existent notamment en moyenne gamme comme la « demie mesure » ou bien la « mesure industrielle ». Les différences se situent au niveau du pourcentage de travail fait à la main. Et surtout qu’il n’y a pas de patronage créé entièrement par un tailleur. Comme dans tout, on peut parfaitement trouver de la demie mesure de piètre qualité et au contraire tomber sur une excellente mesure industrielle. (Je vous invite à vous familiariser avec ces termes ici )

Ce qui est admirable chez les tailleurs est le fait d’aller au maximum de leurs précisions pour produire un vêtement unique. Ils ont la maîtrise des coupes et la rigueur des formes. Ils cultivent un savoir-faire acquis depuis des générations pour la plupart et prônent la passion de l’excellence. Ce sont de vrais artistes.

Pour ceux et celles qui ont les moyens d’aller vers le « bespoke tailoring », il ne faut pas hésiter. Ce sera une expérience stylistique et humaine à découvrir dans sa vie. Un jour, je me ferai moi aussi mon costume « bespoke ». 😉

Le look de Quentin

La veste que Quentin porte ici est « Bespoke », elle a été réalisée par la maison Sirven. Florian Sirven est l’ancien directeur d’atelier Bespoke et premier coupeur (tailleur) chez Smalto. Avec sa compagne Aïdèe ils ont fondé la maison Sirven. Aïdèe est l’apiéceur et saladeuse, c’est elle qui rassemble tous les éléments nécessaires pour la fabrication du costume et qui monte le tout. Elle est aidée par un autre apiéceur et une petite main. C’est toute une équipe très impliquée dans la création, de la prise des mesures jusqu’au dernier essayage.

Il porte une chemise, cravate et bretelles de la marque Howard’s (c’est d’ailleurs là où il travaille). Howard’s a été crée il y a presque 20 ans par Frédéric Costa. Une maison de qualité qui propose une gamme luxueuse de produits fabriqués dans les règles de l’art allant des chemises aux accessoires, à des prix très corrects. Je lorgne d’ailleurs sur leurs belles bretelles. A voir pour un prochain look boyish! 🙂

Quentin porte une chemise sur mesure – en demie mesure (patronage préexistant et on a rapporté ses mesures dessus). ATTENTION une demie mesure ou mesure industrielle n’est pas synonyme de mauvais travail! De la même façon, certains tailleurs peuvent être très mauvais). Sa chemise est une « pin collar », c’est à dire qu’elle permet de faire tenir la cravate avec une épingle de part en part. Howard’s est la seule maison qui vend ce type de chemise à Paris. Elle est fabriquée en Normandie. Les boutons sont cousus avec la technique Zampa Di Galina, l’emmanchure est décalée, le col est entièrement entoilé. Elle est complètement montée à la main. La cravate est une trois plis en jacquard de soie avec un motif Paisley. Rien qu’à regarder sa cravate, elle respire la qualité!

Ses bretelles viennent de chez Howard’s qui les vend mais les fait fabriquer par Albert Thurston le leader mondial des bretelles (James bond et Gatsby les portent, rien que ça!). Elles sont fabriquées à la main en Angleterre.

La pochette est une Simonnot-Godard, une maison qu’ il admire par-dessus tout.
C’est une maison familiale qui fabrique des mouchoirs et des pochettes depuis 1787. Ils fabriquent aussi des ascots et des écharpes.
Elles sont roulottées à la main à Caullery.

Sa montre est une DMC, la marque de la voiture de « Retour vers le futur »: DeLorean DMC-12… Oui oui la super caisse de Marty McFly!

Sans oublier ses bijoux qui cassent ce look raffiné et sophistiqué. Il cultive une admiration pour le décalage. D’un côté il adore les costumes et les souliers, le travail des artisans etc. et à côté de cela il aime le métal (il est musicien, on aura droit à un concert un de ces jours! 🙂 ) , les jeux vidéos, les tatouages et les films de geek… on peut aimer bien s’habiller sans renier sa culture geek ou métal 🙂

Pour ses chaussettes il s’agit d’une paire de Bresciani qui est revendue essentiellement par le fabuleux magasin Mes Chaussettes Rouges (avec qui il donne des cours de glaçage).

Et enfin les souliers: une paire de « Spectator shoes » fabriquée par Cobbler Union. Le glaçage sur les soulierss c’est bien sûr lui. C’est un grand spécialiste de l’entretien du cuir et du glaçage. Il affectionne tout particulièrement ce style de chaussures car comme pour toute sa tenue, elles sont très contrastées : du marron et du blanc. Ses tenues doivent être toujours très contrastées car sa peau est très blanche et il a les cheveux et la barbe très bruns.

Sa tenue est sublime avec une pointe de fantaisie bien dosée!

Mon look

Pour cette occasion, je porte un magnifique costume de la marque Suistudio, l’équivalent au féminin de la grande marque Suitsupply ou « susu » pour les habitués. 🙂

Côté tissu, c’est un Vitale Barberis 100% laine, un très beau tissu. Ce qui fait un très joli tombé et une fluidité impeccables. Ensuite, elle a une coupe parfaite. Car oui un vêtement avec une belle coupe est primordiale avant tout, industriel ou sur mesure (c’est la base de tous beaux habits! Il faut s’habiller à sa taille!). Mon costume (taille industrielle) sort certes d’une usine, mais il est d’une qualité remarquable à bien des égards. Avant ma commande, j’ai discuté avec un conseiller en ligne qui m’a demandé mes mesures afin de m’orienter vers la taille qui va le mieux pour ma morphologie. Et tadam… La veste est bien structurée et ajustée comme je les adore. Elle est à double boutonnage comme je le voulais. Ce modèle est le summum de la classe à mon avis! Elle peut paraître simple au premier abord mais n’en garde pas moins sa touche de fantaisie lumineuse : les boutons dorés.

Pour ce qui est de mon pantalon, il était un peu grand donc j’ai dû avoir recours à un retoucheur pour l’ajuster à ma taille.

Je l’ai associé à une chemise blanche de chez Tm Lewin, un site anglais chez qui j’achète désormais toutes mes chemises pour le travail car la coupe et la matière sont parfaites et le prix est vraiment correct. Je suis entièrement satisfaite de leurs produits. J’ai donc opté pour une chemise blanche immaculée à poignet mousquetaire ou « double » qui se porte replié avec des boutons de manchettes. Eh oui j’en porte, comme toute « gentlewoman » qui se respecte! haha. Ils sont de couleur bleu un peu marbré avec des dorures, je les ai achetés pour trois fois rien à la brocante. C’est le détail gracieux qui apporte un côté plus formel et sophistiqué à ma tenue. J’adore!

Les manches de ma chemise arrivent parfaitement à la naissance du pouce et dépassent de quelques centimètres ma veste. Question de règle universelle de l’élégance masculine dit-on! Personnellement je trouve que ça fait un joli équilibre visuellement parlant.

J’ai mis une cravate en bordeaux avec un noeud Windsor traditionnel. Je n’ai pas une grande collection de cravates, j’ai pris celle qui allait bien avec mon costume. On m’a conseillé de choisir des cravates avec de belles matières pour pouvoir faire facilement ses nœuds de cravate. Je note pour les prochaines fois. Sinon je peux toujours piocher dans le dressing de l’homme. 🙂

Côté accessoires, je me suis laissée tenter par une jolie pochette de costume multicolore pour plus de peps dans ma tenue. Un chapeau en feutre bleu, un sac vintage marron et les escarpins à talons noirs. Vous savez ô combien j’adore être juchée sur des talons hauts. On féminise un peu cette dégaine à la garçonne.

Conclusion

Pour finir, (merci au lecteur qui sera arrivé jusqu’ici 🙂 ) nous espérons au travers de cet article vous avoir fait redécouvrir ces savoir-faire oubliés de l’élégance masculine et mettre à l’honneur ces véritables artisans. Tant que faire se peut, fuyez les influences du marketing de masse, cultivez votre originalité et optez pour une bonne coupe, celle qui mettra votre silhouette en valeur. Privilégiez lorsque cela vous est possible les artisans, de véritables artistes qui mettent leur savoir-faire au service des traditions.

Et n’oubliez pas : « Sans élégance de cœur, il n’y a pas d’élégance » (Yves Saint Laurent).

Allez fini la parlotte, c’est parti pour les tenues empreintes de chic et d’élégance!

A bientôt!

Holy avec la participation exclusive de Quentin

Vous pouvez trouver Quentin ici

 

 

    Tenue de Quentin : Veste « Bespoke » entièrement faite à la main : Maison Sirven , Chemise/ Bretelles / Cravate : Howard’s , Pochette de costume : Simonnot-Godard , Pantalon : Suitsupply , Souliers « Spectator shoes » : Cobbler Union , Montre : DeLoreanDMC , Chaussettes : Mes chaussettes rougesParapluie : Passoti (entièrement monté à la main en Italie ) , Sac : Smalto (repatiné par Quentin)

     Tenue de Holy : Costume : Suistudio , Chemise : Tm Lewin , Cravate / Boutons de manchettes / Sac : chinés , Ceinture : Michael Kors , Pochette de costume : Kiliwatch Paris , Chaussures : Minelli (old collection) , Chapeau : Pimkie (old collection)

 

Photographe : M.

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6 commentaires sur “Tailleur power!”

    1. Les tailleurs, c’est d’un chic! Et sur une femme je trouve aussi que c’est sublime!
      On est d’accord, ça change un peu des couleurs habituelles puis ce bleu est tellement beau que je ne pouvais que craquer!
      Ce tailleur est un grand coup de cœur! Tant au niveau de la coupe, la matière, la couleur,… Je suis conquise. J’en veux encore d’autres mais le porte-feuille ne suit pas haha
      Bisous ma beauté <3

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